Test du UNAS Pro : le NAS 7 baies de Ubiquiti au prix imbattable

Publié le 25 janvier 2026 Temps de lecture : 7 min.

Cela fait maintenant six mois que le UNAS Pro tourne chez moi, et il est temps de vous livrer mon verdict. Après plus de dix ans passés chez Synology, j’ai décidé de tester l’offre stockage d’Ubiquiti. L’objectif ? Voir si ce NAS tient ses promesses d’intégration avec l’écosystème UniFi que j’utilise déjà pour le réseau et la vidéosurveillance.

Ubiquiti UNAS Pro

550 €

Présentation du UNAS Pro

Le UNAS Pro est le premier NAS commercialisé par Ubiquiti, sorti fin 2024. Depuis, la gamme s’est étoffée avec le UNAS Pro 8 (8 emplacements + 2 SSD NVMe) et le UNAS Pro 4 (format 1U, 4 baies) attendu pour le premier trimestre 2026.

Ce qui m’a immédiatement interpellé, c’est son positionnement tarifaire. À 550€, on dispose d’un NAS 7 baies avec un port 10 Gbps. C’est tout simplement imbattable. À titre de comparaison, chez Synology, un NAS 8 baies se négocie facilement autour des 1000€, voire plus.

Le UNAS Pro se destine principalement au monde professionnel, mais il conviendra parfaitement aux particuliers exigeants : ceux qui ont un homelab, qui font tourner un serveur Plex ou qui cherchent une solution de stockage intégrée à leur infrastructure UniFi.

Voici les specs principales du UNAS Pro :

  • Stockage : 7 emplacements pour disques 2,5″ ou 3,5″ (HDD/SSD)
  • Processeur : ARM Cortex-A57 Quad-Core à 1,7 GHz
  • Mémoire : 8 Go de RAM
  • Connectique : 1x SFP+ 10 Gbps + 1x RJ45 1 Gbps
  • Alimentation : redondance possible via USP-RPS
  • Format : Rack 2U
  • Écran : tactile 1,3″ en façade
  • RAID : 5, 6 ou 10
  • Protocoles : SMB, NFS, Time Machine

Il y a encore deux ans, Ubiquiti ne proposait aucun NAS. Aujourd’hui, la gamme compte pas moins de cinq modèles. C’est impressionnant de voir à quelle vitesse ils ont étoffé leur offre !

Les modèles rack (gamme pro) :

  • UNAS Pro 8 : 8 baies + 2 SSD NVMe, 2x SFP+ 10G, alimentation hot-swap, format 2U. Pour les déploiements haute disponibilité.
  • UNAS Pro (celui testé) : 7 baies, 1x SFP+ 10G, écran tactile (unique dans la gamme), format 2U. Le modèle équilibré.
  • UNAS Pro 4 : 4 baies + 2 SSD NVMe, 2x SFP+ 10G, format 1U. Plus compact pour les petites baies.

Les modèles bureau :

  • UNAS 4 : 4 baies + 2 SSD NVMe, 1x 2,5 GbE + 1x USB-C 5 Gbps, alimentation PoE+++. Le format desktop pour les homelabs.
  • UNAS 2 : 2 baies, 1x 2,5 GbE + 1x USB-C 5 Gbps, alimentation PoE++. L’entrée de gamme ultra-compact.

À noter que seul le UNAS Pro dispose de l’écran tactile en façade. Les modèles bureau (UNAS 4 et UNAS 2) font l’impasse sur le hot-swap des disques et le 10G, mais gagnent un port USB-C et une alimentation PoE, ce qui simplifie le câblage.

Design et fabrication

On est clairement sur du premium. Comme tous les produits Ubiquiti, le UNAS Pro arbore une conception en acier galvanisé avec un rendu impeccable. Le soin apporté aux détails se retrouve jusque dans les accessoires : platines de fixation, visserie… tout est clean.

En façade, on retrouve les 7 emplacements pour disques, chacun équipé d’une LED de statut. L’écran tactile 1,3″ permet de consulter rapidement l’état du NAS sans passer par l’interface web. Les ports réseau (RJ45 et SFP+) sont également accessibles en façade, ce qui est pratique pour le câblage en baie.

À l’arrière, deux ventilateurs assurent le refroidissement. On trouve aussi le port d’alimentation et un connecteur pour l’alimentation redondante USP-RPS. Le bruit reste très discret : j’ai conservé le mode « Balanced » et on ne l’entend quasiment pas dans ma baie informatique. Ubiquiti propose d’ailleurs trois profils : Quiet, Balanced et Cooling.

En revanche, deux points me chagrinent : pas de port USB (ni A, ni C). J’aurais aimé pouvoir brancher un disque externe pour des transferts ponctuels, ou connecter un onduleur comme c’est possible chez Synology avec certaines marques type Eaton.

Test de l’onduleur Eaton 3S 550 : bon rapport qualité/prix !

Installation, configuration et création des storage pools

C’est là que l’écosystème UniFi montre toute sa force. L’installation est d’une simplicité déconcertante : on branche le NAS, on le connecte en SFP+ (je vous conseille cette option pour profiter pleinement du 10 Gbps), et il apparaît automatiquement dans l’interface UniFi. Un clic sur « Adopter », installation de l’application UniFi Drive, et c’est terminé.

Pour les disques, c’est du plug and play. J’ai installé des Seagate et des Western Digital sans aucun blocage. Contrairement à ce qu’on a pu voir récemment chez Synology avec leur politique de restriction des marques (on y reviendra), Ubiquiti ne fait aucune discrimination. Les disques sont reconnus instantanément.

Il ne reste plus qu’à créer les storage pools. Trois options de RAID sont disponibles :

  • RAID 5 : protection de base, minimum 3 disques
  • RAID 6 : protection renforcée (2 pannes tolérées), minimum 4 disques
  • RAID 10 : performances et redondance, minimum 4 disques

Petit regret : impossible de créer un pool sans protection ou en RAID 1. J’aurais aimé pouvoir dédier un disque à Time Machine sans qu’il soit intégré à un RAID. J’ai réussi à contourner en créant un pool en RAID 0, mais l’interface affiche en permanence un avertissement « pas de protection des données ». Ce n’est pas bloquant, mais c’est dommage qu’UniFi n’ait pas prévu ces cas d’usage.

La gestion des storage pools reste très intuitive et claire malgré tout. On arrive vite à créer nos espaces.

UniFi Drive : les fonctionnalités

On a vu que le hardware était vraiment top. Mais qu’en est-il du logiciel ? C’est un point crucial, surtout quand on vient de chez Synology et son DSM ultra-complet.

Le tableau de bord est plutôt bien conçu : état des disques, santé des storage pools, espace restant… on a une vision claire de l’activité du NAS. L’interface est épurée, dans la lignée des autres applications UniFi.

Pour la gestion des fichiers, on dispose d’un explorateur basique. On peut créer des dossiers partagés, les assigner à un storage pool, gérer les permissions. Mais attention, on est vraiment sur le minimum syndical. Impossible par exemple d’afficher la taille d’un dossier directement dans l’interface.

Je suis donc obligé de monter le partage sur mon Mac en SMB ou NFS. Nous n’avons aussi aucune métadonnées sur le fichiers, des petits détails comme ça, il y en a beaucoup je trouve mais cela s’explique par l’OS qui est relativement jeune.

Pour les sauvegardes, UniFi Drive propose de faire des backups vers un autre UNAS, un serveur SMB, ou des services cloud (Google Drive, OneDrive, Dropbox, Amazon S3, Backblaze, Wasabi). La fonctionnalité est basique comparée à Cloud Sync chez Synology, mais elle a le mérite d’exister et évolue régulièrement.

Et c’est là qu’on touche au principal inconvénient du UNAS Pro : pas de Docker, pas d’applications tierces, pas de reverse proxy. C’est un NAS de stockage pur, c’est tout.

Je comprends le positionnement d’Ubiquiti : faire un produit dédié au stockage, et laisser les utilisateurs déporter les applications sur un mini-PC ou un autre serveur. Mais quand même, il manque des fonctions de base comme une application mobile dédiée pour accéder à ses fichiers (on doit passer par l’app Fichiers d’iOS), ou une galerie photo intégrée.

Utilisation au quotidien

Après six mois d’utilisation, pas grand-chose à redire. Le UNAS Pro fait exactement ce qu’on lui demande. Je l’utilise pour ma bibliothèque Plex (films et séries), le backup de mes photos, et la sauvegarde de mon infrastructure Proxmox. Ça tourne sans accroc !

Côté performances, j’ai testé les transferts sur mon réseau 2,5 Gbps. J’obtiens des vitesses autour de 200-230 Mo/s en lecture, ce qui est cohérent. On n’atteint pas le débit théorique du 2,5 Gbps (environ 300 Mo/s), mais c’est normal : overhead réseau, performances des disques mécaniques, type de fichiers… les facteurs limitants sont nombreux.

Pour tester la pleine puissance du port 10 Gbps, il faudrait une machine cliente équipée en conséquence, ce que je n’ai pas (pour le moment !). Les températures des disques restent correctes, et le niveau sonore est vraiment discret en mode Balanced.

Ubiquiti UNAS Pro

550 €

Et par rapport à Synology ?

Difficile de ne pas évoquer Synology quand on parle de NAS. La marque taïwanaise domine le marché grand public depuis des années, et c’est chez eux que j’ai passé la dernière décennie avec mon DS214 Play, DS418 puis DS423+.

Mais Synology a fait parler d’elle en 2025, et pas en bien. En avril, la marque a annoncé que ses nouveaux NAS de la série Plus (à partir des modèles 2025) n’accepteraient plus que les disques durs Synology ou certifiés par la marque. L’objectif affiché : garantir performances et fiabilité. La réalité perçue par la communauté : une stratégie commerciale pour vendre des disques rebrandés (fabriqués par Toshiba et Seagate) à prix fort.

La grogne a été massive. Face à une chute significative des ventes et la montée en puissance de concurrents comme UGREEN, QNAP ou justement Ubiquiti, Synology a fait machine arrière en octobre 2025 avec la mise à jour DSM 7.3. Les disques tiers sont de nouveau acceptés sans restriction pour les HDD et SSD SATA. Seuls les SSD M.2 restent cantonnés à un rôle de cache si non-certifiés.

Le mal est fait. Synology a perdu un capital confiance important auprès de sa communauté d’enthousiastes. Et pendant ce temps, des alternatives crédibles ont émergé. Alors, UNAS Pro ou Synology ?

Si vous cherchez du stockage pur avec une intégration parfaite à l’écosystème UniFi et un rapport qualité/prix imbattable, le UNAS Pro est une excellente option. Le hardware est irréprochable, le prix défie toute concurrence, et vous avez la liberté totale sur le choix des disques.

Si vous avez besoin d’un NAS polyvalent avec des applications bien pensées (Synology Photos, Docker, Reverse proxy…), une interface mature et une prise en main facile même pour des non-techniciens, Synology reste la référence malgré ses errements récents.

Le UNAS Pro n’est clairement pas un NAS grand public. Son format rack 2U, l’absence d’applications et d’interface mobile dédiée le réservent à un public averti. Pour un NAS à installer chez ses parents, ce n’est pas le bon choix. En revanche, si vous cherchez un challenger à Synology avec une approche plus grand public, je vous invite à lire mon test du NAS UGREEN qui coche beaucoup de cases.

Test UGREEN NASync DH4300 Plus : un NAS qui surprend dans le bon sens !

Conclusion

Le UNAS Pro est un excellent premier NAS pour Ubiquiti. Le hardware est impeccable, le prix agressif (550€ pour 7 baies et du 10G, rappelons-le), et l’intégration à l’écosystème UniFi est parfaite. Pour ceux qui sont déjà équipés en UniFi Network ou UniFi Protect, ça fait totalement sens d’unifier son infrastructure de stockage.

Les limitations sont connues et assumées : c’est un produit de stockage, pas une station multimédia. Pas de Docker, pas d’apps, pas d’interface mobile dédiée. Si vous pouvez vivre avec ces contraintes (ou si vous avez déjà un mini-PC pour faire tourner vos services), foncez.

Après six mois d’utilisation quotidienne, je ne regrette pas mon choix. Quand à mon DS423+ Synology ? Je vais certainement le garder pour continuer de suivre l’actu de DSM. Il va finir chez mes parents par exemple pour un backup off-site !


Ce UNAS Pro m’a été fourni par Senetic, partenaire du blog pour les produits UniFi. C’est grâce à eux que j’ai pu vous proposer ce test !

UNAS Pro

4.5/ 5

Le UNAS Pro d'Ubiquiti offre un excellent rapport qualité/prix avec ses 7 baies et son port 10G

Avantages

- Intégration parfaite dans l'écosystème UniFi
- 10 Gbps SFP+
- Compatibilité avec tous les fabricants de HDD

Inconvénients

- Absence de port USB-C
- Pas du tout d'applications
- Réglages limités

2 commentaires

  1. LoKan Sardari

    Coucou 👋
    Je rajouterai que même sur la nouvelle gamme Pro UniFi (UNAS Pro 8) les débits ne sont pas bons. Ubiquiti s’obstine à mettre des CPU qui se traînent et ça pénalise tout le système. J’ai renvoyé ce produit, comme le UNAS2 ou le UNAS Pro que tu testes ici. Aucune évolutivité possible, ce ne sera que des contournements du CPU. Très dommage.
    J’ai donc repris un Synology (un RS2825, tant qu’à faire). Plus cher mais au moins, tu as le résultat auquel tu t’attends.

  2. Salut,
    Merci pour cet article intéressant. Dans les protocoles, vous ne mentionnez pas le iscsi. Est-ce supporté ? C’est une bonne façon de rentabiliser un NAS sans écosystème applicatif moderne. (J’ai pu trouver une seconde jeunesse à mon tout premier NAS Thecus N3200Pro grâce à cette fonctionnalité)

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