Test du routeur Netgear M7 Pro 5G : des performances au rendez-vous, le prix non

Aujourd’hui, je vais vous parler du dernier routeur de chez Netgear : le M7 Pro Nighthawk. Plusieurs mois d’usage au compteur dans des contextes variés : plusieurs déplacements, quelques semaines en backup de ma connexion fixe sur mon réseau UniFi. Voici mon retour dans un test long terme (et oui, on va parler du prix de ce produit) !
Présentation du Netgear M7 Pro (M7450)
Le M7 Pro reprend exactement le même format carré que les générations précédentes : 105 x 105 mm, 21,5 mm d’épaisseur, 280 grammes batterie incluse. On n’est pas sur un produit de poche au sens strict du terme, mais il rentre sans problème dans un sac. La batterie est amovible, ce qui est plutôt rare sur ce type d’appareil et permet de partir avec une rechange si besoin.
L’écran tactile couleur de 2,8 pouces est bien fait : clair, bien traduit en français, navigation fluide pour accéder aux réglages Wi-Fi, réseau, Ethernet, gestion des appareils connectés, mode avion. Netgear a vraiment progressé sur la partie interface embarquée depuis les générations précédentes.

Ce qui me gêne davantage, c’est le choix des finitions. L’avant est brillant et l’arrière très sensible aux rayures. C’est beau sur une fiche produit, c’est une usine à traces en conditions réelles. Sur un produit de ce genre, je préfère largement quelque chose en plastique dur, moins sensible.


Sur les côtés, on trouve l’essentiel : un port USB-C 10 Gbps (alimentation et tethering filaire) et un port Ethernet 2,5 Gbps (on reparlera plus bas de l’intérêt d’un tel port sur ce produit).

Parlons rapidement de la recharge. Le M7 Pro accepte entre 7 et 10 watts via USB-C. Sur un produit mobile à ce prix, en 2026, c’est décevant. Pas de charge rapide, pas de Power Delivery haut de gamme. Pour recharger complètement entre deux réunions, prévoyez un peu de temps !
Gestion des SIM : le point qui fait vraiment tâche
Voilà ce que je comprends le moins sur ce produit à ce tarif. Commençons par le plus basique : pour accéder au slot SIM, il faut retirer la batterie. Sur un routeur mobile qu’on est censé sortir et ranger régulièrement, c’est une friction qui finit par agacer.

Ensuite, il n’y a qu’un seul slot, pas de dual SIM. Pour un produit présenté comme une solution pro capable de gérer jusqu’à 64 appareils simultanément, ne pas pouvoir gérer deux opérateurs en parallèle est une vraie limite. Et cerise sur le gâteau, pas d’eSIM non plus, alors que le Netgear M7 (le modèle plus compact, moins cher) supporte lui l’eSIM, aussi bien Netgear que les eSIM tierces.
Ce choix est difficile à expliquer. L’eSIM aurait simplifié l’usage en itinérance internationale, qui est pourtant l’un des arguments marketing centraux de Netgear sur ce produit. Résultat : on se retrouve avec un routeur haut de gamme qui demande de manipuler une carte SIM physique à chaque changement d’opérateur, batterie sortie. Ce n’est pas bloquant, mais c’est difficile à expliquer…
Connectivité filaire : le port 2,5 Gbps en vrai
Le port Ethernet 2,5 Gbps est là, il fonctionne. Dans les faits, son intérêt reste assez limité dans la majorité des usages. On imagine le scénario où le M7 Pro sert de routeur principal dans une pièce, avec un switch derrière pour distribuer le réseau en filaire. Dans ce contexte, oui, le 2,5 Gbps a un réel intérêt.
Mais prétendre qu’il va saturer ce port via une connexion 5G, c’est une autre histoire. En conditions réelles avec une SIM Bouygues en 5G, on tourne entre 600 et 800 Mbps en download. Largement au-dessus de ce qu’offre une 4G classique, mais très loin des 2,5 Gbps théoriques du port. La vraie utilité de ce port, c’est d’éviter qu’il devienne le goulot d’étranglement dans un setup réseau, pas de l’exploiter à pleine capacité.
Performances en conditions réelles
J’ai testé avec une SIM Bouygues en 5G et une SIM Orange en 4G+. Les débits en 5G sur Bouygues se situent autour de 600 à 800 Mbps en download selon les conditions, ce qui est cohérent avec ce que propose le réseau dans les zones bien couvertes.
Pour comparer, j’ai fait tourner des speedtests en parallèle : l’iPhone 17 Pro connecté en Wi-Fi via le M7 Pro et l’iPhone 17 Pro en 5G direct.

Le résultat est sans surprise : les performances via le routeur sont très proches du téléphone seul en download (745 Mbps via le M7 Pro contre 655 Mbps en direct, avec un pic enregistré à 865 Mbps en 5G direct). En upload, le routeur perd quelques points (74 Mbps via le M7 Pro contre 129 à 154 Mbps en direct), ce qui s’explique par le saut Wi-Fi supplémentaire.
Le M7 Pro fait donc bien le job en termes de performances pures. Mais on attendrait d’un routeur mobile à ce prix qu’il apporte un avantage mesurable sur le modem d’un iPhone 17 Pro. Ce n’est pas le cas. Le Snapdragon X75 est un excellent modem, l’iPhone 17 Pro embarque lui aussi une puce haut de gamme et au final les performances sont au coude-à-coude.
L’application mobile : la bonne surprise
Plusieurs tests francophones affirment que le MR7450 n’est pas compatible avec l’application Netgear Mobile. C’est faux, ou du moins c’est désormais dépassé. J’ai utilisé l’app sans problème tout au long du test : connexion immédiate, affichage de la SIM active, statut de la batterie, nombre d’appareils connectés, réglages Wi-Fi et réseau disponibles depuis le téléphone.

L’application n’expose pas encore l’intégralité des options de l’interface web, quelques réglages avancés restent accessibles uniquement via le navigateur. Mais l’essentiel est là et l’ergonomie est propre. On sent que Netgear a fait des efforts sérieux sur ce point ces dernières années et c’est notable.
En backup de ma connexion fixe UniFi
C’est l’angle que j’ai voulu tester spécifiquement, parce que c’est aussi ce que Netgear met en avant comme cas d’usage. Branché via RJ45 sur mon réseau UniFi, le M7 Pro a été détecté automatiquement et sans configuration particulière. Les débits restent bons, la combinaison 5G et Wi-Fi 7 donne ce qu’on attend dans ce contexte.
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Sans surprise, ça fonctionne. Si votre connexion principale tombe, c’est une option crédible pour maintenir le réseau actif. Mais il faut être honnête : pour cet usage-là, un routeur 4G LTE bien moins cher fait le même travail dans l’immense majorité des cas. La 5G est un confort, pas une nécessité pour un backup.
Le prix : ma grande interrogation
Le Netgear Nighthawk M7 Pro est proposé à environ 850€ en Europe.
Pour ce tarif, on peut acheter un iPhone, qui fait le partage de connexion et bien plus. GL.iNet propose un routeur 5G équivalent autour de 400 dollars. Et surtout, Netgear lui-même commercialise le M7 autour de 599€ : plus compact, eSIM intégrée, compatible 140 pays et des performances 5G juste un cran en dessous.
La différence entre les deux modèles repose essentiellement sur le port Ethernet 2,5 Gbps, la bande 6 GHz (désactivée sur batterie seule) et le modem Snapdragon X75 vs X72. Pour 250€ de plus, c’est un positionnement difficile à tenir.
Le vrai profil acheteur du M7 Pro, tel que je le vois : un professionnel itinérant avec des besoins réseau spécifiques (Ethernet en réunion, setup multi-appareils). Ce n’est pas un produit grand public et il ne devrait pas être vendu comme tel. À titre personnel, si j’avais à conseiller quelqu’un qui cherche un routeur mobile 5G pour les déplacements ou le backup, j’orientais vers le M7 ou une marque concurrente comme GL.iNet.

Conclusion
Le Netgear Nighthawk M7 Pro est un bon produit. L’interface embarquée est soignée, l’application mobile fonctionne contrairement à ce qu’on lit ailleurs, les performances en 5G sont solides. La batterie amovible est un vrai avantage.
Mais il y a des choix que je ne m’explique pas à ce niveau de prix : l’absence d’eSIM alors que le modèle inférieur en bénéficie, le slot SIM caché sous la batterie, la charge plafonnée à 10 watts… Et surtout, un tarif de 850€ qui ne se justifie pas face à ce que propose le M7 à 599€ ou les alternatives du marché.
Si vous êtes professionnel avec un besoin précis autour du port Ethernet, il peut avoir sa place. Pour les autres cas d’usage, il existe mieux ou moins cher.



