J’ai testé Gladys Assistant : mon avis sur l’alternative à Home Assistant

La domotique, c’est un sujet récurrent sur le blog. On parle souvent de Home Assistant, mais j’avais envie de m’ouvrir un peu. Ça fait quelques semaines que je teste Gladys Assistant, une solution open-source développée par un Français. Je vous donne mon avis cette solution et si cela peut vous convenir !
Ce que j’attendais, ce que j’ai trouvé
Gladys Assistant existe depuis 2014. C’est un projet open-source français, maintenu par Pierre-Gilles, qui développe et maintient la solution quasi seul. Sur le papier, ça ressemble à Home Assistant : auto-hébergé, local, respectueux de la vie privée, compatible Zigbee et Matter. En pratique, l’approche est radicalement différente.
Là où Home Assistant reste, même en 2026, une plateforme pensée par des développeurs pour des développeurs (et qui a fait d’énormes progrès, soyons honnêtes), Gladys ressemble davantage à une box domotique clé en main. Pensez à une Somfy Tahoma ou à un produit Apple : tout est cadré, maîtrisé, sans aspérités.
L’expérience est lissée de bout en bout. Je ne vois pas cela comme un défaut mais un choix assumé. Cette différence de philosophie conditionne tout le reste.
Configuration d’un kit de démarrage
J’ai reçu directement un kit de démarrage, exactement comme si j’étais un nouvel utilisateur qui commandait sur le site. Le concept est simple : un mini PC (avec différentes conf selon le budget) avec Gladys Assistant déjà installé dessus. On branche, on démarre, on ouvre un navigateur.

L’onboarding se déroule en quatre étapes : création d’un compte local, préférences, configuration de la maison. Rien de plus. Pas de terminal, pas de fichier de config, pas de question sur le port d’écoute. C’est probablement le démarrage le plus fluide que j’ai vu dans une solution domotique open-source.

Pour ceux qui préfèrent partir de zéro, Gladys Assistant est aussi disponible via Docker. Une seule commande suffit pour lancer le conteneur.
sudo docker run -d \
--log-driver json-file \
--log-opt max-size=10m \
--cgroupns=host \
--restart=always \
--privileged \
--network=host \
--name gladys \
-e NODE_ENV=production \
-e SERVER_PORT=80 \
-e TZ=Europe/Paris \
-e SQLITE_FILE_PATH=/var/lib/gladysassistant/gladys-production.db \
-v /var/run/docker.sock:/var/run/docker.sock \
-v /var/lib/gladysassistant:/var/lib/gladysassistant \
-v /dev:/dev \
-v /run/udev:/run/udev:ro \
gladysassistant/gladys:v4
A noter que le mini PC du kit de démarrage n’est pas verrouillé : demain vous voulez y faire tourner Plex ou Radarr, rien ne vous en empêche. Pour le coup, je trouve que c’est un bon point.
Seulement 36 intégrations, mais les principales
Gladys compte 36 intégrations natives. Face aux plus de 2 000 sur d’Home Assistant, le chiffre peut faire peur. Mais la stratégie suivie est cohérente : plutôt que de couvrir tout le catalogue, Gladys mise sur les standards du marché.

On retrouve donc par exemple :
- Zigbee via Zigbee2MQTT
- MQTT
- Matter natif et Matterbridge pour les appareils non compatible
- Philips Hue
- Nuki
- Netatmo,
- TP-Link
- Tuya
- Sonos
- Google Cast
- Apple HomeKit.
En pratique, si votre installation tourne sur des équipements Zigbee ou Matter classiques, vous allez tout retrouver sans aucun problème.
Deux intégrations m’ont particulièrement retenu l’attention. La première : Enedis, avec le suivi de consommation et l’affichage des jours EDF Tempo et des prévisions Ecowatt directement dans le tableau de bord. C’est une fonctionnalité très française, bien pensée, et que peu de solutions proposent aussi simplement. La deuxième : le connecteur MCP, qui permet de connecter un agent IA comme Claude à votre installation Gladys (j’y reviens plus bas).
La limite reste réelle : si vous testez une batterie solaire sortie il y a trois mois, il y a de fortes chances qu’une intégration HA communautaire existe déjà. Sur Gladys, il faudra attendre ou passer par MQTT. C’est le revers du pari qualité sur quantité.
J’aurais adoré avoir une intégration pour gérer tout mon matériel UniFi par exemple. 🙊
Focus sur l’interface et les automatisations
Le tableau de bord de Gladys est propre et clair. On connecte ses appareils, on passe une heure à configurer les widgets, et on obtient une interface claire, lisible, qui ne demande aucun effort de mise en page.


C’est là que le profil utilisateur va tout changer. Pour quelqu’un qui veut piloter ses lumières, surveiller ses caméras et gérer son alarme, c’est parfait. Pour un utilisateur Home Assistant qui passe des heures à peaufiner ses cartes Lovelace et à partager ses dashboards sur Reddit, ça va vite sembler figé. Il n’y a pas grand-chose à personnaliser au-delà du choix des widgets et de leur disposition.

Côté automatisations, c’est le même constat. L’éditeur visuel est accessible, les déclencheurs et actions couvrent l’essentiel : changement d’état d’un appareil, programmation horaire, lever et coucher du soleil, arrivée ou départ de la maison. C’est clairement au-dessus de HomeKit, qui reste très basique. Mais ça ne rivalise pas avec les possibilités d’imbrication de Home Assistant, où l’on peut construire des automatisations avec des conditions multiples, des scripts réutilisables et des templates.
Pour être concret : ma gestion de batterie solaire à la maison tourne sur une dizaine d’automatisations Home Assistant interdépendantes. Ce genre de logique serait très difficile à reproduire dans Gladys tel qu’il est aujourd’hui. Node-RED est là pour ça, mais ça recomplexifie ce que Gladys avait justement simplifié.
Mes dashboards Home Assistant pour gérer l’énergie, le solaire et les batteries
Un point à noter : Gladys est compatible Apple HomeKit. Vos appareils remontent donc dans l’application Maison sur iPhone, ce qui permet de les contrôler rapidement via Siri ou les raccourcis iOS, sans passer par l’interface Gladys. Même chose sur Android avec Google Home. C’est un contournement pratique pour l’usage quotidien mobile.
Gladys, l’IA et le MCP
C’est la section qui m’a le plus intrigué. Gladys Plus inclut un connecteur MCP, qui permet à un agent IA de dialoguer avec votre installation. Concrètement, depuis Claude par exemple, vous pouvez interroger l’état de vos appareils, récupérer une image de caméra, allumer ou éteindre un équipement, démarrer une scène.

C’est fonctionnel. Mais pour qui utilise Home Assistant et a déjà construit des automatisations complexes via MCP Home Assistant, on sent la différence de profondeur.
Ce qui me manque dans Gladys, c’est la possibilité de créer ou modifier une automatisation via l’IA. Sur HA, c’est devenu mon workflow principal : je décris ce que je veux, Claude génère l’automation en YAML, je colle. Sur Gladys, on ne peut pas encore aller là.
Home Assistant MCP : piloter sa domotique avec l’IA (Claude, ChatGPT, Gemini)
Cela dit, l’intégration Mistral (hébergée en France, disponible en Gladys Plus) pour analyser des images de caméras ou déclencher des actions intelligentes est une direction prometteuse. Le projet avance vite sur ce point !
Gladys Plus : faut-il s’abonner ?
Gladys est gratuit en local. Gladys Plus Lite (69,99€/an) ajoute l’accès à distance chiffré de bout en bout, Google Home et Amazon Alexa, une API REST ouverte et les comptes familiaux. Gladys Plus (99,99€/an) rajoute les sauvegardes quotidiennes chiffrées, le streaming caméra à distance, l’intégration IA, Enedis et le connecteur MCP.

Pour comparaison, Nabu Casa pour Home Assistant coûte 7,50€/mois (90€/an environ). Les fonctionnalités couvertes sont proches sur l’essentiel (accès distant, assistants vocaux), mais Gladys Plus ajoute des éléments spécifiquement français (Enedis, Mistral hébergé en France) et le connecteur MCP que Nabu Casa ne propose pas.
On peut tout à fait utiliser Gladys sans abonnement, en local. Mais pour quelqu’un qui commence et qui veut accéder à sa domotique depuis l’extérieur sans se complexifier la vie avec un VPN ou un reverse proxy, le Plus Lite va de soi. C’est aussi ce qui finance le projet et son développement continu.
Gladys Assistant, pour quel profil en 2026 ?
Après plusieurs semaines de test, je vais faire le bilan de mon expérience.
Gladys est la solution que je recommanderais à quelqu’un qui veut se lancer dans la domotique sans en faire un hobby technique. À quelqu’un de ma famille qui veut piloter ses lumières, gérer son alarme, suivre sa consommation électrique, sans passer des soirées dans des fichiers YAML. Le kit de démarrage, branché, opérationnel en 20 minutes, c’est exactement ce dont ce profil a besoin.
C’est aussi une solution française, avec une documentation française, un forum en français et un créateur joignable directement. Ça compte quand on débute et qu’on cherche de l’aide.
Pour quelqu’un comme moi, avec 50 automatisations en production, une gestion solaire complexe, des intégrations pour du matériel sorti depuis quelques mois, Gladys Assistant ne répond pas encore aux besoins. Ce n’est pas une critique, c’est une question de cible.
Il reste cependant une ombre au tableau selon moi : il n’y a pas d’application mobile native Gladys. Tout passe par une progressive web app (PWA), ce qui fonctionne mais limite les notifications avancées et les raccourcis iOS. La compatibilité HomeKit compense une partie de cela, mais une vraie app reste pour moi la brique manquante.
Au final, Gladys m’a surpris. Il ne cherche pas à rivaliser avec Home Assistant et c’est peut-être sa plus grande force. C’est un produit fini, régulièrement mis à jour et qui sait exactement à qui il s’adresse.
Je reste sur Home Assistant, sans hésitation, par habitude et ouverture sur la communauté. Mais je vais continuer de suivre l’évolution de Gladys Assistant, parce que le projet mérite vraiment son public.




Bonjour,
Aujourd’hui, je pilote ma climatisation Airzone ainsi qu’une ancienne climatisation non connectée via un boitier Tado. J’ai également intégré mes caméra Reolink (sans paramétrage spécifique). J’ai également intégré sur mon tableau de bord Home Assistant, mes téléviseurs Samsung ainsi que mon ampli hifi Marantz et, également, une petite enceinte Libratone.
J’utilise également un lien Enedis pour récupérer mes informations de consommations électrique et de production Solaire (en plus d’un lien direct avec un Linky).
Et, demain, j’ai l’intention de piloter mon arrosage enterré avec un OpenSprinkler.
Très honnêtement, peut être que Gladys Assistant me permettrait également de le faire mais je n’ai pas trop le temps de tout creuser. .
La deuxième chose qui me manque également c’est la possibilité de générer des tableaux de bord graphique. Si les tableaux de bord Gladys sont simples à mettre en oeuvre, ils sont un peu figés. (je trouve que pouvoir placer des icônes, où on veut, sur l’image de ma maison est plus parlant et plus intuitif, à l’utilisation, pour ma famille)
J’ai vu l’usine à plugins, oui, et je trouve cela génial mais j’avoue que cela dépasse mes compétences. J’ai bien conscience que Gladys Plus te permet de financer le projet et je trouve cela tout à fait normal mais j’ai déjà un abonnement Nabu Casa (pour l’accès à distance et les sauvegardes) et tant que j’utilise HA, je préfère garder cet abonnement donc cela me gêne de payer un abonnement de plus pour Gladys.
Mais cela ne remet absolument pas en cause mon intérêt pour Gladys qui, à mon sens, est plus stable que HA (la force de HA, c’est à dire la grande communauté de contributeurs) en fait également sa faiblesse c’est à dire une grande hétérogénéité des intégrations et des mises en oeuvre quelques fois complexes.
Voilou
Salut Philippe,
Merci pour ta réponse très détaillée ! 🙂
Pour les équipements que tu cites, je pense qu’on peut couvrir une grande partie des usages dans Gladys aujourd’hui, parfois directement, parfois avec un petit détour via Matterbridge. Je n’ai pas vérifié chaque intégration une par une, donc je préfère rester prudent, mais sur le papier ça me semble plutôt faisable.
Je comprends aussi totalement ton choix concernant Nabu Casa. Si tu utilises Home Assistant au quotidien et que l’abonnement te rend déjà service pour l’accès à distance et les sauvegardes, c’est logique de le conserver plutôt que de multiplier les abonnements 😉
Ton retour sur les tableaux de bord est également très intéressant. C’est vrai que Gladys privilégie aujourd’hui la simplicité et la rapidité de mise en place, là où Home Assistant offre beaucoup plus de liberté de personnalisation. C’est un sujet sur lequel je réfléchis régulièrement, parce qu’il y a un vrai équilibre à trouver entre flexibilité et simplicité d’utilisation pour toute la famille.
Concernant l’usine à plugins, honnêtement mon objectif est justement qu’elle soit utilisable sans compétence technique particulière. Du coup je suis curieux : qu’est-ce qui te donne l’impression que c’est compliqué ou réservé aux personnes techniques ? Si certains points ne sont pas clairs ou paraissent intimidants, ça m’intéresse beaucoup de les identifier afin de simplifier encore l’expérience.
Merci encore d’avoir pris le temps de partager ton retour d’expérience, c’est toujours précieux pour faire évoluer Gladys dans la bonne direction 🙂
Pierre-Gilles,
Concernant l’usine à plugins c’est simplement que je ne connais pas du tout matterbridge ni l’IA en général et je ne sais pas où commencer.
J’ai regardé ta vidéo sur la création de ton plugin pour ta clim mitsubishi mais j’avoue que je n’ai pas tout compris et que ça me dépasse un peu.
Mes connaissances en informatique datent un peu (j’ai appris l’informatique dans les années 90 avec le Cobol donc c’est plutôt de la préhistoire ).
Il faudrait que je trouve un tuto style « créer un plugin matterbridge de A a Z avec une IA » pour pouvoir le lancer.
Peut être que, d’ailleurs, tu pourrais proposer des formations pour une somme accessible (mais j’imagine qu’il te manque un peu de temps pour faire tout ça).
Merci Philippe pour ta réponse ! J’ai peut-être mal expliqué alors, il n’y a pas besoin de connaissance, tu as juste à poster un message sur l’usine à plugin et le développement est automatique :D
Il faut juste suivre ce tutoriel: https://community.gladysassistant.com/t/matterbridge-ia-revolution-pour-gladys/10175/27?u=pierre-gilles
Tu as juste à créer un ticket pour l’intégration que tu souhaites, et l’IA créera le plugin tout seul !
Merci Philippe pour ta réponse ! J’ai peut-être mal expliqué alors, il n’y a pas besoin de connaissance, tu as juste à poster un message sur l’usine à plugin et le développement est automatique :D
Il faut juste suivre ce tutoriel: https://community.gladysassistant.com/t/matterbridge-ia-revolution-pour-gladys/10175/27?u=pierre-gilles
Tu as juste à créer un ticket pour l’intégration que tu souhaites, et l’IA créera le plugin tout seul !
Je ne pense pas que tu ai mal expliqué. C’est simplement que ne n’ai pas fait l’effort de regarder plus en détail. Je jetterai un oeil un de ces 4 pour demander un plugin pour ma clim airzone (si j’oublie pas car je risque de passer à autre chose de totalement différent ).
je suis exactement dans le même cas de figure. J’utilise home assistant car j’aime la possibilité de faire un tableau de bord graphique très visuel et parce que beaucoup des produits que j’utilise ne sont pas encore reconnus par Gladys (mais j’avoue que je ne maîtrise pas MQTT mais j’aime la philosophie de Gladys qui veux en faire un produit accessible au plus grand nombre mais aussi parce que c’est un projet français. j’hésite beaucoup à me prendre un abonnement gladys pour soutenir le projet mais je cherche aussi à limiter mes dépenses.
Bonjour Philippe,
Merci pour ton commentaire 🙏
Qu’est-ce qui te manque aujourd’hui comme compatibilité pour nous rejoindre sur Gladys ?
Je ne sais pas si tu as vu notre intégration Matter : désormais, avec Matterbridge, il est possible de connecter énormément d’appareils à Gladys via Matter. Et si Matterbridge ne gère pas encore ton appareil, j’ai même créé une “usine à plugins” pilotée par Claude Code qui génère automatiquement des plugins 😄
J’en parle ici : https://community.gladysassistant.com/t/matterbridge-ia-revolution-pour-gladys/10175/27?u=pierre-gilles
Concernant Gladys Plus, je comprends totalement la volonté de limiter les dépenses 🙂
L’abonnement n’est évidemment pas obligatoire, mais chaque soutien nous aide directement à continuer à développer le projet, améliorer les compatibilités et garder une solution française et accessible au plus grand nombre.