Test Indevolt SolidFlex 3000 Hybrid Pro : une batterie 100 % locale sous Home Assistant

À retenir Résumé généré par IA
- Une batterie modulaire idéale sous Home Assistant, pilotable en local sans passer par le cloud.
- Sa puissance suit la capacité : 1000 W seule, 2000 W avec une extension, 3000 W au-delà.
- Wi-Fi 2,4 et 5 GHz, RJ45, RS485 et LoRa au programme. Une connectique complète !
Ça fait un mois que la SolidFlex 3000 Hybrid Pro d’Indevolt tourne chez moi, accompagnée d’une batterie additionnelle SFA1800, soit un peu plus de 3,8 kWh de stockage rangés dans le garage. Une batterie semi-solide modulaire, une connectique très complète et surtout une intégration Home Assistant en local qui m’a franchement convaincu.
Présentation de l’Indevolt SolidFlex 3000 Hybrid Pro
Indevolt est une marque qu’on croise de plus en plus dans l’univers des batteries plug-and-play (j’ai d’ailleurs pu échanger avec l’équipe sur leur stand à l’IFA en septembre). La SolidFlex 3000 Hybrid Pro est leur nouveau modèle phare : un micro-onduleur hybride et une batterie de 2010 Wh réunis dans le même boîtier, sur lequel on vient empiler des modules d’extension.

Comme souvent, le « 3000 » du nom ne désigne pas la capacité mais la puissance maximale. Et cette puissance dépend directement du nombre de batteries additionnelles branchées (j’y reviens juste en dessous). Voici les caractéristiques principales :
- Batterie LiFePO4 semi-solide de 2010 Wh, 10 000 cycles annoncés
- Entrées MPPT : 4 x 750 W, soit 3000 W de solaire (11 à 60 V, 22 A max)
- Sortie AC de 1000 à 3000 W selon le nombre d’extensions, bridée à 800 W par défaut sur le réseau
- Prise de secours (off-grid) sur le côté
- Wi-Fi 2,4 et 5 GHz, RJ45, Bluetooth, LoRa et RS485
- Indice IP65, fonctionnement de -20 à 55 °C
- 425 x 195 x 260 mm pour 22 kg
- Garantie 10 ans
Côté design, je la trouve plutôt compacte pour ce qu’elle embarque. La finition est propre, le boîtier ne fait pas cheap et la petite LED bleue sur la tranche reste discrète. Les modules d’extension reprennent exactement le même gabarit, donc la pile garde une allure nette une fois montée.

Reste la chimie et c’est un vrai argument pour moi. Indevolt mise sur du LiFePO4 semi-solide : pour faire simple, l’électrolyte n’est plus entièrement liquide, ce qui réduit les risques de fuite et d’emballement thermique sur une chimie LFP qui est déjà la plus stable du marché.
Ce n’est pas un détail quand on pense à l’endroit où vivent ces batteries : un garage, une cave, un balcon, souvent à côté de la maison ou des voitures. Une batterie de plusieurs kWh qui s’emballe, c’est LE scénario qu’on ne veut jamais vivre. Indevolt promet ni fumée ni flamme même en conditions extrêmes, et chaque module s’isole automatiquement (coupure à 0 V) en cas de défaut.
Je ne vais évidemment pas planter un clou dedans pour vérifier, mais sur le papier, c’est rassurant. 😙
Une batterie modulaire : les configurations possibles
Toute la logique de la gamme repose sur des briques. On part de la SolidFlex 3000 et on ajoute des SFA1800 (1792 Wh, 499 €) ou des SFA3600 (3584 Wh, 949 €), qu’on peut mélanger librement. Indevolt annonce jusqu’à cinq extensions par unité, soit près de 20 kWh sur une seule pile et jusqu’à trois systèmes en parallèle pour les installations plus costaudes.


Le point à bien comprendre avant d’acheter, c’est que la puissance suit la capacité. La batterie est limitée à un taux de charge et de décharge de 0,5C, donc plus on empile de modules, plus elle peut sortir et absorber de watts :
| Configuration | Capacité | Sortie AC max | Charge AC max |
|---|---|---|---|
| SolidFlex 3000 seule | 2,0 kWh | 1000 W | 896 W |
| + 1 SFA1800 (ma config) | 3,8 kWh | 2000 W | 1792 W |
| + 2 SFA1800 ou 1 SFA3600 | 5,6 kWh | 3000 W | 2688 W |
| + 3 SFA1800 ou 2 SFA3600 | 7,4 à 9,2 kWh | 3000 W | 3000 W |
Concrètement, la SolidFlex 3000 seule plafonne à 1000 W, ce qui reste juste pour la prise de secours.
Mon conseil : partez directement avec au moins une extension. Avec ma SFA1800, je monte à 2000 W, et c’est à partir de 5,6 kWh qu’on atteint les fameux 3000 W. Côté réseau, rappelons qu’en France l’injection reste bridée à 800 W par défaut, quelle que soit la configuration : passer à 3000 W demande une installation électrique adaptée.
Installation : entrées MPPT ou couplage AC
Le bon mode d’installation dépend surtout de votre point de départ. Si vous partez de zéro, le plus logique est de brancher vos panneaux directement sur la batterie (4 x 750 W) : elle joue alors le rôle de micro-onduleur, et vous n’avez qu’un seul appareil à gérer. Sa certification IP65 lui permet de rester dehors toute l’année, sur un balcon comme au pied d’un mur.

Si vous avez déjà des panneaux avec leurs micro-onduleurs, le couplage AC évite de tout recâbler : la batterie se branche sur une prise, le compteur lui indique quand la maison renvoie du surplus sur le réseau, et elle le stocke pour le restituer plus tard. Peu importe la marque de votre installation, la batterie ne voit que ce qui passe dans le tableau électrique.

Indevolt met en avant une puissance de charge de 6000 W en cumulant les deux (3000 W en solaire direct et 3000 W en AC). Sur le papier, c’est plus que tout ce que j’ai pu croiser jusqu’ici : à titre de comparaison, le Zendure SolarFlow 2400 Pro annonce 4800 W au total. Mais il y a un astérisque de taille : à cause de la limite de 0,5C, il faut au moins 12 kWh de batteries pour exploiter ces 6000 W. Avec mes 3,8 kWh, la charge AC plafonne autour de 1,8 kW.
La prise sur le côté mérite aussi qu’on s’y arrête. C’est d’abord une prise de secours qui continue d’alimenter vos appareils en cas de coupure (jusqu’à 2000 W dans ma configuration). Mais d’après Indevolt, elle fonctionne aussi dans l’autre sens : on peut y brancher un micro-onduleur pour faire entrer de l’énergie dans la batterie. Le réglage se fait dans l’application, via les paramètres de bypass.

C’est mon cas : mon installation solaire tourne déjà depuis un moment, donc la SolidFlex est en couplage AC, posée dans le garage avec sa SFA1800. La connexion entre les deux modules se fait très simplement, et l’ensemble a été rapide à mettre en route : appairage de la batterie dans l’application, puis pose du compteur.
Le compteur Indevolt suit la même logique que chez les autres marques : un module sur rail DIN dans le tableau électrique et une pince ampèremétrique sur l’arrivée générale. Rien de compliqué.

Bonne nouvelle en revanche, la batterie accepte aussi officiellement des compteurs tiers comme les Shelly Pro 3EM, Shelly 3EM, Shelly Pro EM-50 ou le Homewizard P1.
Ça me fait d’ailleurs réfléchir : à force d’accumuler un compteur propriétaire par marque de batterie, passer sur un Shelly unique serait sans doute plus propre et plus efficace.
Une connectique très complète
C’est un des points qui m’a le plus plu sur cette batterie. On retrouve du Wi-Fi 2,4 et 5 GHz (la plupart des batteries que j’ai testées se contentent du 2,4 GHz), un port RJ45, du Bluetooth pour la configuration initiale, du LoRa et même du RS485 pour les installations plus pro. Je n’ai pas testé le LoRa, mais c’est une option intéressante pour garder le lien avec un compteur éloigné quand le Wi-Fi peine à suivre.

Petit bémol tout de même : chez moi, la batterie se déconnecte du Wi-Fi à peu près toutes les trois heures avant de se reconnecter d’elle-même. Rien de bloquant au quotidien, mais ça crée des petits trous dans les courbes Home Assistant.

Je ne saurais pas dire à ce stade si ça vient de mon réseau ou de la batterie, je vais remonter le sujet au support Indevolt. En attendant, la solution est toute trouvée : branchée en RJ45, la batterie ne décroche plus du tout. Si vous avez un câble à proximité, c’est clairement l’option à privilégier, surtout pour profiter de l’API locale (j’y reviens plus bas).
L’application Indevolt
L’application est plutôt bien faite. L’écran d’accueil se compose de tuiles bien pensées : économies, production, échanges avec le réseau, consommation, tarif, charge et décharge de la batterie, taux d’autoconsommation et d’autonomie. Les réglages sont complets sans être indigestes : paramètres de puissance, seuils de SoC, charge, appareils liés, bypass, cluster, veille profonde et prise de secours.

Une bonne idée que je n’avais pas vue ailleurs : l’application sait se connecter à de nombreux micro-onduleurs et onduleurs tiers pour récupérer la production solaire. Deye, Huawei FusionSolar, GoodWe, Growatt, SolarEdge, SolaX, Solis, Sungrow, Solplanet ou VaySunic sont de la partie.
Dommage en revanche de ne pas trouver APsystems, très répandu dans les kits plug-and-play et mes micro-onduleurs actuels ne sont pas compatibles non plus. Résultat, chez moi, la tuile production reste à 0 Wh et les économies ou l’autoconsommation affichées n’ont pas beaucoup de sens. Ça biaise forcément ma vision de l’app : avec un onduleur compatible, elle prend tout son intérêt.
Home Assistant et API locale : là où Indevolt a tout compris
On arrive sur le point fort de cette batterie. L’intégration Indevolt est native dans Home Assistant depuis la version 2026.3, et elle a décroché le niveau Platinum, le plus haut de l’échelle de qualité des intégrations. Elle prend en charge toute la gamme récente : BK1600, SolidFlex 1200, 2000, 3000 et 3600.

Surtout, elle passe par une API locale. Il suffit d’activer l’option dans l’application Indevolt (protocole HTTP) et Home Assistant vient interroger la batterie directement sur le réseau, sur le port 8080, sans passer par le moindre serveur.
Concrètement, ça veut dire des données qui ne dépendent pas du cloud de la marque, une réactivité bien meilleure, et une batterie qui reste pilotable même si Indevolt change un jour de stratégie ou coupe ses serveurs. Cette API est documentée publiquement par Indevolt en plus !

Par défaut, les données remontent toutes les 30 secondes, mais on peut désactiver ce rafraîchissement et créer sa propre automatisation pour descendre jusqu’à une mise à jour toutes les 10 secondes. Côté entités, on retrouve tout ce qu’il faut :
- En lecture : SoC, puissance de la batterie, énergie chargée et déchargée (jour et total), entrées et sorties AC, énergie de la prise de secours, puissance mesurée par le compteur, et le détail de chaque module (SoC, température, nombre de cycles)
- En pilotage : mode énergétique, seuil de décharge minimum, puissance de sortie maximale, limite d’injection, autorisation de charge depuis le réseau, activation de la prise de secours et de la LED, plus un bouton de mise en veille
- Deux actions dédiées pour forcer une charge ou une décharge jusqu’à un SoC cible
Chez moi, la SolidFlex s’est glissée sans souci dans l’orchestration multi-batteries que je pilote depuis Home Assistant, celle que je détaille dans mon article ci-dessous.
Quelques idées d’automatisations à mettre en place avec cette intégration :
- Lancer une charge depuis le réseau en heures creuses la veille d’un jour Tempo rouge
- Remonter le seuil de secours quand des températures négatives sont annoncées (un blueprint officiel existe)
- Mettre la batterie en veille pendant la recharge de la voiture électrique
- Recevoir une notification si la batterie reste injoignable plus de 10 minutes
- Être alerté si la température d’un module grimpe trop l’été dans le garage
Prix et rentabilité : le vrai calcul
Pour situer la SolidFlex 3000 Hybrid Pro, j’ai repris les prix au kWh des modèles que je connais bien (prix relevés mi-octobre 2026, ils bougent beaucoup au fil des promos) :
| Modèle | Capacité | Entrées MPPT | Prix | Prix au kWh |
|---|---|---|---|---|
| Indevolt SolidFlex 3000 Hybrid Pro | 2,0 kWh | 4 x 750 W | 849 € | 422 € |
| Zendure SolarFlow 2400 AC+ | 2,4 kWh | Aucune | 839 € | 350 € |
| Zendure SolarFlow 2400 Pro | 2,4 kWh | 4 x 750 W | 959 € | 400 € |
| ISYPOWER Titan 2400 | 2,0 kWh | 4 x 600 W | 789 € | 393 € |
Soyons honnêtes : à configuration de base égale, la SolidFlex est la plus chère au kWh de ce petit panel. L’écart avec le Zendure 2400 Pro, son équivalent le plus direct avec entrées MPPT, reste toutefois limité et elle a pour elle l’API locale, la connectique et la chimie semi-solide.
Reste la rentabilité, et là, il faut être lucide : il n’existe pas de réponse unique. Tout dépend de l’orientation et de l’inclinaison de vos panneaux, de votre région, de la puissance installée, de votre profil de consommation (présent ou non en journée), de votre contrat d’électricité et de ce que vous faites de votre surplus aujourd’hui. Deux foyers avec la même batterie peuvent avoir des résultats du simple au double.

Pour illustrer quand même, j’ai fait une simulation simple avec ces hypothèses : électricité à 0,20 €/kWh, un surplus qui serait sinon perdu (pas de revente), environ 90 % de la capacité réellement exploitée et un rendement aller-retour de 85 %. Avec mes 3,8 kWh, chaque cycle complet restitue donc à peu près 2,9 kWh :
- 150 cycles par an (surplus surtout d’avril à septembre) : environ 435 kWh restitués, soit 87 € par an et un amortissement en une quinzaine d’années
- 250 cycles par an (grosse installation, surplus quasi quotidien) : environ 725 kWh, soit 145 € par an et un amortissement en un peu plus de 9 ans
- SolidFlex seule à 250 cycles : environ 385 kWh, soit 77 € par an et un amortissement en 11 ans
Avec une garantie de 10 ans, on voit bien que l’équation financière se joue sur votre surplus réel. Si vous en avez peu, une grosse batterie ne sera jamais rentable,et si vous revendez déjà votre surplus à un bon prix, l’intérêt baisse encore. À l’inverse, un contrat Tempo permet d’aller chercher un peu de marge l’hiver en chargeant en heures creuses. Bref, dimensionnez la batterie sur votre production, pas sur la capacité maximale de la gamme.
Verdict
Au final, après trois semaines, la SolidFlex 3000 Hybrid Pro remplit très bien son rôle au quotidien. Ce que je retiens surtout, c’est l’intégration Home Assistant en local, la plus propre que j’ai vue sur une batterie de ce type, une connectique sans équivalent dans cette gamme de prix et une modularité bien pensée. Les bémols restent mesurés : un Wi-Fi qui décroche régulièrement chez moi (rien à signaler en RJ45), une application en partie aveugle sans micro-onduleur compatible et un prix au kWh élevé si on la prend seule.
C’est donc une batterie que je conseille sans hésiter à qui tourne sous Home Assistant et veut garder la main en local, ou à qui veut démarrer petit et grossir au fil du temps. Prenez-la avec au moins une SFA1800 pour profiter de sa puissance, que ce soit en MPPT sur un balcon ou en couplage AC comme chez moi.
Pour les plus curieux, vous avez peut-être reconnu le châssis : c’est exactement le même que celui de la Titan 2400 de MaterFrance que j’ai testée cet été.
Test de la batterie IZYPOWER Titan 2400 de MaterFrance
J’avais émis l’hypothèse à l’époque, j’en ai maintenant la certitude, c’est bien Indevolt qui est derrière. Les deux ne sont pas pour autant identiques : entrées MPPT en 4 x 750 W contre 4 x 600 W, puissance de sortie évolutive, application différente et surtout cette API locale qui fait toute la différence côté Home Assistant.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas en commentaire !




